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Célébration d’Ingrid Betancourt : le miroir d’un manque ?

Quatre idées en marge de la célébration d’Ingrid Betancourt:

1.
L’emballement médiatique a transformé la libération de Betancourt en un «événement idéologique» dans lequel se mêlent morale, politique, faits divers, famille, religion… Dimensions auxquelles adhérent les médias qui ont traité l’événement de manière exaltée.

2. En célébrant la libération de Betancourt, médias, pouvoirs, associations, etc. font également de l’autocélébration. Ils se renvoient l’image rassurante de leur bonté, de leur altruisme et de leur humanité. On exprime sa bonté et on la voit à l’écran. On s’entend parler et on s’extase de sa propre parole. Les médias se font une idée délirante de leur rôle. Ils déversent leur propre image et se noient dedans.

Ingrid Betancourt
Illustration
Anastassia Elias

3. L’« événement Betancourt » (entre l’enlèvement et la libération) a fonctionné, a posteriori, comme une opération marketing : création de l’attente, lancement du produit et consommation. Mais c’est un produit particulier qui doit fonctionner comme une icône. C’est pourquoi on écarte tout ce qui peut nuire à l’icône : circonstances de l’enlèvement, rapports avec le mari… Le produit se trouve dorénavant sur le marché. Il ne manque que les « produits dérivés » (livre, film, pièce de théâtre, conférence…)

4. Comment comprendre cet emballement, cet « affolement » pour quelqu’un qu’on connaît à peine, pour la simple raison qu’il a été pris en otage puis libéré ? Est-ce l’expression d’un manque? D’une vacuité? Est-ce le besoin d’une cause (forcément sélective) qui sert à se rassurer, à se prouver qu’on est encore capable de défendre un semblant de valeurs universelles?